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Carnet - nominations

TROIS LÉGENDES


Pyrénéisme et pyrénéistes de passion !

1986, mes premiers pas en montagne lors d’une cure dans la belle ville de Cauterets. 1988, presque la cinquantaine et je deviens membre du CAF d’Agen ; c’est encore l’aventure, mettant mes pas dans ceux des anciens pour de longues randonnées, harassantes et joyeuses. Suivant leurs traces, glissant dans la poudreuse où, en équilibre instable dans des pentes verglacées, je découvrais l’ivresse de la liberté à skis de randonnée. C’est dans les grandes faces comme la Sud-Est à l’Ossau, que je posais mon regard sur un nouveau monde, presque aussi silencieux et majestueux que les grandes cathédrales !
La montagne s’ouvrait à moi, à ma curiosité, devenant soudain ma passion première avec sa diversité, ses profondes vallées, ses pics à perte de vue surgissant sur la toile d’un horizon infini ! Après la solitude dans le cockpit du monoplace, la chute libre en parachute, la fuite au gré du vent dans un 470, la maîtrise malaisée d’un cheval ou l’inconfort d’une selle de vélo durant de longues distances, c’était soudain les rencontres au détour d’un sentier, les discussions sans fin sur le pas de porte d’un refuge où autour d’une table, c’étaient les bivouacs avec des millions d’étoiles que les lumières de la ville cachaient aux citadins, c’était aussi les nuits d’orage, de tempête avec la pluie, le vent qui s’époumonait, repartant de plus belle à l’assaut des tentes, si fragiles mais qui résistaient vaillamment à sa fureur ! Et encore, les nuits hivernales avec arrivée au refuge avant que ne se lève l’aube ! C’était enfin, l’entraide entre tous !
Mais ce milieu aux beautés innombrables, peuplé d’animaux divers, d’oiseaux et offrant parfois d’immenses parterres de fleurs tel le jardin d’Éden, ne serait rien sans la compagne ou le compagnon partageant nos joies comme nos peines et nos souffrances !
Dès le début de mes pérégrinations, une vieille libraire paraissant avoir vécu au XIXe siècle, me conseilla un livre qui allait changer ma vision des Pyrénées ! Effectivement, Henry Russell déambulant tout au long de ses Souvenirs d’un Montagnard, m’incita à le suivre et à découvrir tous les lieux mythiques de la chaîne. Mes nombreuses nuits sur le sol caillouteux de la Brèche de Roland, au sommet de la Pique longue, de l’Ossau ou du Cerbillonna, furent autant de nuits hantées par sa présence.
Durant plus de trente années, ce livre fut pour moi, comme pour beaucoup d’entre nous, notre Bible pyrénéenne.

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Kev Reynolds

Il y a 34 ans ! Silvio Trévisan et Pierre Merle évoquaient les grands anciens lors de nos réunions hebdomadaires chez Roger Auban notre futur centenaire ; et déjà une figure emblématique faisait parler d’elle ; son nom anglo-saxon m’interpellait, le personnage paraissait sortir d’un roman que seuls les initiés connaissaient et lisaient ; en hiver dans des refuges perdus dans l’immensité des champs de neige et devant la cheminée ou en été lors de silencieux bivouacs, les plus âgés nous parlaient de ce voyageur du monde qui hantait les hautes montagnes de la chaîne himalayenne, découvrant et faisant découvrir la majesté des Alpes, mais revenant toujours comme Russell à ses premières amours, les Pyrénées ! Chemineaut des montagnes, dandy comme Russell ou celui qui apporte la bonne parole ? Ces adjectifs ne pouvaient que faire rêver le gamin ( de 50 ans quand-même !) que j’étais dans ma tête, le corps suivant alors encore l’esprit ! Sa silhouette à nulle autre pareille ainsi que sa démarche, son aura, ne pouvaient qu’interpeller et accentuer le mystère l’entourant. Combien de décennies avant d’en percer une part ! Comme nombre de ses compatriotes aventuriers avant lui, Kev Reynolds apprivoisait les montagnes et les hommes ; au fil des ans, sa renommé ne fit que croître et ses livres furent très appréciés par le milieu montagnard et tout autant par ceux qui aimaient voyager tout en se prélassant sur le sable chaud d’une plage. La langue anglaise de ses écrits étant parfois une barrière autrement difficile que nos sauvages Pyrénées. Bien des décennies plus tard, grâce à une superbe traduction du livre Marcher dans les nuages, par ma très chère amie Françoise Besson, je puis découvrir l’homme, le personnage, son humour très britannique, sa sensibilité, son érudition, son art de l’écriture et de la poésie, son amour de l’autre ! À un âge où beaucoup tentent le vélo d’appartement ou dégustent une glace devant la télévision, il parcourt encore la montagne et écrit ses textes. Ses livres, ses histoires, sont des chefs d’œuvres d’humour et de poésies ! Que ne l’ai-je connu plus tôt et physiquement !

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Andy Knowler

Il y a 31ans ! 1991, un soir d’amicale rencontre chez un membre du CAF d’Agen, douce soirée et nuit de printemps autour de plats de crêpes et de boissons peu alcoolisées. De quoi parle-t-on chez des passionnés de grimpe et de randonnées en montagne ? D’amitié indéfectible bien sûr ; c’est ce que fut le lien qui nous unit jusqu’à ce début d’année. Sacré personnage aussi ! Gallois de naissance était mon ami Andy Knowler et premier de cordée « Celui qui allait devant » comme l’écrivit un jour Max Liotier en titre de son livre sur la traversée de la Meije et en lui dédicaçant son ouvrage : et mon compagnon l’accomplit, cette fameuse traversée, tout comme l’ascension du Cervin en solitaire ou le Mont Blanc, la Kuffner au Mont Maudit, les arêtes de Rochefort et à plusieurs reprises, la face Nord du Vignemale ! Le suivant comme Sancho Panza suivait Don Quijote, avec parfois d’autres compagnons nous gravîmes les couloirs Swan, Clot de la Hount, Ledormeur, découvrant également le couloir de la Moskova et Lady Lister nous accueillant au col qui porte son nom. Durant des décennies et en toutes saisons, le glacier d’Ossoue nous offrit son manteau immaculé ou ses crevasses béantes dont les parois bleutées tentaient de nous attirer dans des profondeurs insondables ! Depuis, c’est l’insondable inconscience des hommes qui fait que cette extraordinaire masse de glace est vouée à disparaître dans quelques années, ne laissant que des regrets à ceux qui ne pourront jamais chausser les crampons au petit matin pour atteindre la mythique Pique longue !
L’ami emmena son vieux compagnon sur toutes les arêtes des massifs de l’Aneto et de la Maladeta, sur tant d’autres encore et presque tous les 3000 de la chaîne, jamais une ombre au tableau, jamais une dispute, l’un était le père spirituel, l’autre le fils ! Mais comme tous ces géants de rocs à l’épreuve du temps, l’ami eut sa période de doute, érosion de sa passion et de son envie d’aller toujours plus haut, plus loin ! Les incertitudes de l’existence faisant leur travail de sape dans le corps et l’âme ! Ce furent des années très difficiles ; les montées lui parurent plus abruptes, la lassitude accompagnait chacun de ses pas, qui ne le menèrent parfois, qu’à la base des monts ! Celui qui allait devant, n’était plus que l’ombre de lui-même ! Mais chez cet homme, cela ne pouvait, ne devait pas durer ; et comme le Phénix, l’oiseau de feu, Andy reprît goût à la vie, à l’effort, à la joie de fouler à nouveau les sommets, il était sauvé et par-là même, notre duo !
Le gallois légendaire trouvait que la France était le kaléidoscope de tous les pays du monde, la langue française, la plus belle par sa douceur, la cuisine du terroir apte à lui faire gravir sans effort les pics les plus abrupts ; quant à sa famille, elle était ce qui lui permettait de voir la vie en rose ! Le hasard et notre amour commun de la solitude et des Pyrénées, ne pouvaient que nous réunir !

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Alberto Martinez Embid

Il y a 22 ans ! Déjà les chemins de Compostelle m’interpellaient et dans la belle Espagne, l’Aragon se démarquait des autres provinces. Un de ses fils, par la grâce d’un talent inné de conteur et d’écrivain, mettait tout en œuvre pour faire découvrir son pays au travers de légendes ayant traversé les siècles ; histoires d’hommes et de femmes partis à la conquête des plus hauts sommets de la chaîne, de ses vallées profondes, parfois de ses glaciers prêts à engloutir les plus téméraires.
En de magnifiques livres à l ‘extraordinaire documentation, sa plume n’omettait aucun détails de la vie d’autrefois et de l’engagement des premiers pionniers sur les flans des monstres endormis ; les grandes figures d’un monde maintenant disparu, nous amenaient à leur suite, rendre visite au Vignemale, à la Maladeta, au Mont Perdu, à l’Aneto, à la brèche de Roland et tant d’autres lieux et monts où la solitude est un viatique pour communiquer avec les êtres chers disparus !
Alberto Martinez Embid, être d’exception et ami exceptionnel, était avant-tout, la voix et la mémoire des Pyrénées, gardant en son âme le souvenir des grands anciens d’hier et d’aujourd’hui, avec dans le cœur, une place immense afin de caser ceux qui lui sont chers !
Les rencontres avec un tel personnage étaient à son image, chaleureuses, amicales, animées, et en le quittant, nous n’avions qu’un désir, franchir à nouveau les Pyrénées pour rejoindre ne fût-ce que quelques heures, quelques instants, un homme, un ami déjà légende de son vivant ! Pour lui, la charge n’était pas trop lourde à porter, sa modestie naturelle faisant que les qualités, il les attribuait aux autres. Ses mails, ses lettres, ses dédicaces sont autant de témoignages d’une Amitié que le hasard se fit une joie de développer entre amis proches, faisant un clin d’œil à cette « institution » comme il l’avait nommé en lui donnant le nom un peu ambigu de « French connection » Humour à l’Aragonaise ? Peut-être, mais avec de tels personnages, le monde ne peut qu’aller de l’avant !
Malgré ses occupations, un mail envoyé avait rapidement une réponse en retour, une explication, un conseil et à la période propice une invitation ! Que de petits repas animés, une balade par-ci, une autre par-là où sur les flancs de ce pic voisin qui lui tenait tant à cœur ; la Foratata que nous devions à nouveau ascensionner et dont il devait nous conter l’histoire. Toujours joyeux, sourire aux lèvres, la main tendue, nos demandes, nos questions trouvaient toujours une réponse, par un livre, un lien où un courrier postal ; des dédicaces aussi qui sont autant de témoignages quant au plaisir de poèmes reçus, célébrant son œuvre d’écrivain de montagne ; au Panthéon de ceux-ci, il est en première place, et ses livres seront autant de témoins d’un passé révolu.
 ! Mais que belle était la montagne dans le reflet de son regard !

Mardi 9 novembre 2021, Alberto Martinez Embid ; 59 ans.
Vendredi 10 décembre 2021, Kev Reynolds, 76 ans.
Vendredi 7 janvier 2022, Andy Knowler, 63 ans.

Dans le brouhaha et les prémices de velléités guerrières, trois grands témoins de l’histoire pyrénéenne ont presque en même temps quitté ce monde et ces montagnes qu’ils aimaient tant !
Dans le ruissellement et la disparition inexorable de leurs glaciers moribonds, les cathédrales de la terre pleurent ces hommes qui ont peut-être éveillé les consciences sur la fragilité de ces rocs et neiges éternelles.
Puissent-ils être entendus par les futures générations !

Michel Chambert


CHARLES MÉRIGOT


Fondateur et animateur infatigable des éditions de la Ramonda, Charles Mérigot s’est éteint le 25 février 2022 à l’âge de 71 ans.
Il avait fondé sa maison d’édition en 2006, et en 2008 une librairie de vente de livres espagnols par correspondance. Il publiait des auteurs espagnols contemporains, notamment aragonais, des textes de Lucien Briet difficiles à trouver, et diffusait en France des éditeurs espagnols, notamment dans le domaine du tourisme et du patrimoine, ainsi que des cartes géographiques.
Sa dernière publication Avec peu de bagages de Jésus Arbuès avait été primée au salon du livre pyrénéen de Bagnères-de-Bigorre en 2019.
Tous ses amis auteurs, éditeurs, associatifs, qui le rencontraient régulièrement sur les salons et les fêtes du livre le pleurent aujourd’hui. Un grand serviteur de la culture pyrénéenne et hispanique, un ami disparaît et un vide se crée dans l’édition pyrénéenne.


KEV REYNOLDS


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photo F. Besson

Le montagnard et écrivain britannique Kev Reynolds est décédé le 10 décembre 2021 à l’age de 78 ans.
Il est l’auteur de 50 livres, essentiellement des guides (Pyrénées, Alpes, Himalaya, Angleterre), mais aussi des récits de voyages, un livre pour enfants et deux recueils de poèmes, et les montagnes pyrénéennes occupaient une part importante de ses publications.
Bien qu’il ait parcouru le monde entier, c’est pour les Pyrénées que son cœur battait le plus fort, et il avait noué de solides amitiés avec des Pyrénéens, notamment les frères Ravier et Françoise Besson.
Dans notre revue, il avait publié :
-  Passion pyrénéenne dans notre numéro 226 de 2006
-  Charles Packe le premier pyrénéiste anglais dans notre numéro 232 de 2007
-  Les montagnes enchantées dans notre numéro 267 de 2016.
en outre, il avait accordé un entretien à Françoise Besson : Conversation avec Kev Reynolds dans notre numéro 283 de 2020.

Livres de Kev Reynolds sur les Pyrénées ou avec des éléments concernant les Pyrénées :

- Walks and Climbs in the Pyrenees, Cicerone, 7 éditions et de nombreuses réimpressions : 1978, 1983 (réimprimé en 1986, réimprimé et révisé en 1988), 1993 (réimprimé et révisé en 1997), 2001, 2008 (réimprimé en 2010 avec des mises à jour), 2015, 2019.
- The Pyrenees, Cicerone, 2004, 2010.
- Mountains of the Pyrenees, Cicerone Press, 1982.
- A Walk in the Clouds, 2015 : 16 chapitres sur les Pyrénées. Une édition américaine et bientôt une édition française.
- The Mountain Hut Book, Cicerone, 2018 : plus sur les refuges des Alpes mais quelques pages et la photo d’introduction sur les Pyrénées.
- Rambling Rhymes, poèmes, 2020, dans lequel figurent des poèmes relatant des expériences pyrénéennes.

Le site de Kev Reynolds

Celui de Cicerone, son éditeur site sur lequel figurent de nombreux textes par Kev Reynolds dont beaucoup sont inédits, ainsi que des vidéos dont un entretien entre son éditeur, ami et compagnon de montagne Jonathan Wiliams et lui.

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Kev Reynolds (à gauche) au port de Vénasque en 1980

ALBERTO MARTINEZ EMBID EST DÉCÉDÉ


Le montagnard et écrivain aragonais Alberto Martinez Embid est décédé brutalement à son domicile le 9 novembre 2021 à l’age de 59 ans.
Très engagé au sein du club Montañeros de Aragon dont il était membre du comité directeur, il déployait une activité débordante, tant physique qu’intellectuelle, et ses écrits, articles, livres, romans, sont innombrables.
Très attaché aux relations transfrontalières, il avait su nouer des liens avec les montagnards français et il appelait affectueusement ce réseau la "french connexion".
Sa disparition laisse un grand vide sur les deux versants de notre chaîne commune.

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Alberto (au centre) en compagnie de la "french connexion"
photo M. Chambert

DISPARITION DU BOTANISTE PEDRO MONTSERRAT


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Professeur Pedro Montserrat

Les Pyrénées viennent de perdre le doyen de leurs botanistes, Pedro Montserrat, qui est décédé ce samedi 4 février à l’âge de 98 ans. Certains de nos lecteurs l’ont peut-être connu, il est resté un botaniste très actif après sa retraite.
 
Ses études l’ont amené à publier une thèse sur la Flore de la Cordillère littorale catalane, à la suite de quoi il a poursuivi ses explorations botaniques en particulier dans les Pyrénées, contribuant à améliorer la connaissance de leur flore. Parmi les plantes nouvelles qu’il a décrites, citons Lathyrus vivantii, une gesse dédiée à son ami botaniste Jean Vivant. Cette dénomination, amabilité entre botanistes, faisant suite à la description d’une gentiane endémique des Pyrénées centrales espagnoles par ce même Jean Vivant sous le nom de Gentiana montserratii en l’honneur du professeur Montserrat.
Il s’est aussi intéressé à l’écologie des pâturages et a établi des cartes de végétation : son œuvre est immense, le nombre de ses travaux se monte à plus de 500 articles. Cofondateur de l’Institut Pyrénéen d’Ecologie-CSIC de Jaca, il a participé à l’écriture de Flora Iberica, une flore d’Espagne qui comptera à terme 21 tomes. Plus récemment, Pedro Montserrat a encore cosigné un livre sur les rosiers sauvages de l’Aragon.
Son herbier (Herbario JACA), comptant plus de 300 000 exicata d’Espagne et d’Europe est aussi l’un des plus importants des herbiers ibériques.
 
Pedro Montserrat a été inhumé ce matin à l’église de Santiago de Jaca. Avec sa disparition, c’est un grand vide qui s’est produit dans le monde de la botanique.
 

Mis en ligne lundi 6 février 2017


JEAN-VICTOR PARANT


Doyen des pyrénéistes, Jean-Victor Parant nous a quitté dans sa cent sixième année.
Ses obsèques ont eu lieu à Billère (Pyrénées-Atlantiques) le 18 mars.

Dernier représentant d’une génération qui connut l’épopée de Jean Arlaud et de son Groupe des Jeunes dans l’entre deux guerres, il poursuivit l’œuvre de celui-ci aux côtés de Raymond d’Espouy et de ses successeurs.
Il avait consacré un livre très complet et particulièrement documenté au pyrénéisme de cette époque (Jean Arlaud et le Groupe des Jeunes, un âge d’or du pyrénéisme toulousain, 1991).
Doté d’une belle vigueur, il pratiqua les courses en montagne et le ski jusqu’à un âge avancé.
Sa bonhomie, sa modestie et sa belle humeur en faisaient un personnage très attachant.
La revue Pyrénées lui doit une collaboration fidèle et précieuse ; il était membre d’honneur de son Conseil d’administration.
 
Dans notre numéro de juillet 2016 (Pyrénées n° 267), Florian Jacqueminet nous rappelle la vie de Jean-Victor Parant : un siècle de passion pyrénéiste.
 
>> Voir aussi l’article que nous avons publié pour son centenaire.
 

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A gauche : Jean-Victor Parant. Photographie prise le 6 août 1963 à l’occasion de l’inauguration du refuge de Goriz et parue en 1991 dans le numéro 195 de Pyrénées. Figurent aussi sur cette image : Suzanne Bacarisse, Jean Blanchot et Jules Macheron.

Mis en ligne samedi 19 mars 2016


DÉCÈS DE PIERRE TUCOO-CHALA, HISTORIEN DE GASTON FÉBUS ET COLLABOTATEUR DE PYRÉNÉES


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Pierre Tucoo-Chala en 1990, ©D.R., Pyrénées n°262

Le grand érudit béarnais s’est éteint le 23 janvier 2015 à l’âge de 90 ans. Le mercredi 28 janvier ont eu lieu à Pau, dans une cérémonie œcuménique, les obsèques de Pierre Tucoo-Chala, universitaire et historien. Né en 1924, fils d’un artisan originaire de Soumoulou, à Pau dès son plus jeune âge, il manifeste sa vocation dès 1942 en obtenant au Lycée Louis-Barthou, en histoire, le huitième accessit du Concours Général. Devaient suivre la licence d’histoire-géographie, l’agrégation puis un doctorat d’État soutenu à la Sorbonne en 1960. Il en tire l’ouvrage Gaston Fébus, un grand prince d’Occident au XIVème siècle qui fut un best-seller et fait toujours autorité, de même que sa thèse complémentaire : La vicomté de Béarn et le problème de sa souveraineté. D’abord professeur de Lycée à Bordeaux puis à Pau, il a épousé en 1952 une étudiante elle aussi future historienne ; Suzanne Tucoo-Chala a consacré pour sa part sa thèse à Charles Joseph Pankoucke, publié plusieurs études sur le protestantisme béarnais et fondé le CEPB. Leur fils François est aujourd’hui avocat à Pau.
Pierre Tucoo-Chala, maître de conférences en 1964 à l’Université de Bordeaux, directeur en 1966 du Collège Universitaire de Pau, en fait la pierre angulaire de la nouvelle Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA), dont il devient doyen de la Faculté de Lettres. Mais cela, pas plus que sa retraite en 1992, n’arrête pas son activité de chercheur et de vulgarisateur passionné. Ses nombreuses publications lui ont valu les prix Schlumberger en 1961, des Trois Couronnes en 1980, Jules Michelet en 1991 et de l’Académie Française en 1995. Il a également honoré notre revue Pyrénées de sa collaboration, par ses hommages à Raymond Ritter, à Jean-François Massie et à Jean Robert, mais également par une dizaine d’articles historiques sur Gaston Fébus, sur les Compagnons du Château de Lourdes, sur Henri IV et sur l’histoire du pyrénéisme et du climatisme. Parallèlement il préside la Société des Sciences Lettres et Arts de Pau de 1965 à 1991 et l’Académie de Béarn de 1975 à 1998. Mais, atteint par la maladie il doit être hospitalisé au Centre Vignalou où il vivra, alité, ses sept dernières années.

Très attaché à notre revue, il faisait partie depuis longtemps de son comité de rédaction. Voici quelques textes qu’il a signé dans Pyrénées :
- Les "Compagnons de Lourdes" (1959)
- Raymond Ritter historien (1974)
- Gaston-Fébus Troubadour (1975)
- Fébus, Buffon et le renne dans les Pyrénées au Moyen Âge (1976)
- Défense et illustration du climat de Pau par Alexander Taylor (1976 et 1977)
- Un américain à la découverte des Pyrénées : Edwin Asa Dix (1888-1891) (1983)
- Henri IV ou la passion de la chasse (1989)
- Raymond Ritter 1898-1974. À la recherche d’une personnalité puissante et multiple (1994)
- Les Pyrénées en 1818. Dessins inédits d’Henrietta-Ann Fortescue-Hoare (1995)

Le numéro 262 de notre revue (avril 2015) a consacré deux articles à Pierre Tucoo-Chala :
- Pierre Tucoo-Chala par Paul Mironneau
- Radioscopie : Pierre Tucoo-Chala et Jacques Chancel par Jean-François Labourie

Mis en ligne le jeudi 29 janvier 2015.
Mis à jour le mardi 3 février 2015 et mardi 30 juin 2015


DÉCÈS


• André Lévy. – Disparu le 26 juillet à l’âge de 75 ans, André Lévy a su fédérer les énergies d’hommes et de femmes de qualité dans des œuvres collectives menées dans le respect des hommes et des paysages. Que ce soit l’association Randonnées pyrénéennes, dont il était co-fondateur, les cartes transfrontalières, le grand guide des Pyrénées France – Espagne – Andorre, ou son œuvre majeure, le dictionnaire des Pyrénées, André Lévy a été un grand ambassadeur de la culture pyrénéenne.


• Jésus Ibarzo. – Un des acteurs majeurs de l’escalade pyrénéenne espagnole a trouvé la mort le 1° juillet à l’âge de 67 ans.
Jésus Ibarzo se trouvait, en compagnie de son « frère de rocher » Ursi Abajo, sur la dernière longueur de la voie Pany/Haus aux Mallos de Riglos, lorsqu’il a été victime d’une chute d’une vingtaine de mètres. Malheureusement, il a violemment heurté un bloc, et une opération de secours rapide mais complexe a du être mise en place pour le récupérer et l’évacuer. Victime d’un arrêt cardiaque dans l’hélicoptère, il est décédé à l’hôpital de Huesca.
Jésus Ibarzo formait avec son compère Ursi Abajo une cordée de légende qui a ouvert de nombreuses voies dans les Mallos de Riglos, mais aussi dans d’autres massifs des Pyrénées et dans les monts Cantabriques. Ils étaient les auteurs, en 1964, de la première hivernale espagnole au couloir de Gaube.

Mis en ligne le vendredi 2 août 2013.


DÉCÈS


Walter Jeandel, skieur émérite des années 40, avec son frère René, s’est éteint à l’hôpital de Bagnères-de-Bigorre le 4 avril à l’âge de 93 ans.
Né en Suisse d’un père français et d’une mère suisse, mobilisé en 1938, il découvrit les Pyrénées pendant son service militaire et se fixa à Montory. Il fut en 1951 champion de France de saut à ski et fit partie de l’équipe de France de ski nordique et de l’équipe de France olympique. À partir de 1961, les deux frères Jeandel furent parmi les pionniers de la station d’Arette-La Pierre Saint-Martin, et en construisirent plusieurs installations, dont la première remontée mécanique et l’hôtel du Pic d’Anie. Un refuge, tenu depuis dix-neuf ans par Jean Hourticq, porte leur nom ainsi qu’une piste de ski. Grand skieur et grand montagnard, Walter Jeandel pratiquait également le tennis et, dans la dernière partie de sa vie, le golf à Lannemezan.
Il s’était, ces dernière années, retiré à Labarthe-de-Neste (65).

Mis en ligne le jeudi 10 mai 2012.


MONSEIGNEUR NICOLAS BROUWET NOMMÉ ÉVÈQUE DE TARBES ET LOURDES


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Monseigneur Brouwet.
(Photo, conférence des évêques de France).

Le samedi 22 févier, jour anniversaire des apparitions de la Vierge à Bernadette, le Pape Benoît XVI à nommé évêque de Tarbes et du sanctuaire de Lourdes, Mgr Nicolas Brouwet, jusqu’ici évêque auxiliaire de Nanterre, Hauts-de-Seine. Il remplacera Mgr Jacques Perrier, qui est à la tête du diocèse bigourdan depuis 1998, et qui atteint à 76 ans l’âge de la retraite. Il demeure administrateur apostolique jusqu’à l’arrivé effective de son successeur.

Mgr Brouwet, né en 1962 à Suresnes, ordonné prêtre en 1992, titulaire d’une licence d’Histoire en Sorbonne et d’une licence de Théologie du mariage et de la famille à Latran, fut consacré évêque en 2004. Il était alors le plus jeune évêque de France. Depuis 2011 il préside le groupe de travail " Église et Internet".

Mis en ligne le lundi 12 mars 2012.


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