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N° 240

N° 240 - Octobre 2009 - Bulletin pyrénéen n° 482


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Couverture : Dernier tronçon de chemin dans un vallon couvert d’éboulis avant le col de Monastero (2 715 m). Photo Marion Nitsch.

Ce nouveau numéro de Pyrénées, disponible dès les premiers jours d’octobre 2009, aborde la question du pyrénéisme sous un angle inédit. « Le Pyrénéisme aux couleurs d’Europe », thème de l’article de Joseph Ribas qui ouvre la revue, est illustré en couverture par une photo de Marion Nitsch qui montre le dernier tronçon de chemin dans un vallon couvert d’éboulis avant le col de Monastero (2715m). La photo qui illustre le dos de la revue offre un point de vue bien connu sur le Pic du Midi d’Ossau, vu des pentes du Pic Lavigne, en écho à l’article de Jean Ritter intitulé « Ossau, montagne de l’amitié ».

 Sommaire

02 Éditorial par Michel Clin et Jean-François Le Nail
05 Pyrénées, montagnes d’Europe vers un pyrénéisme sans frontières par Joseph Ribas
17 Champignons des Pyrénées : le bonheur est dans la montagne par Robert Cazenave et Michel Pujol
27 La Patum, un chef d’œuvre mondial par Olivier de Marliave
35 Mes Pyrénées sauvages : du Batoua au Lustou en circuit depuis l’hospice du Rioumajou par Romain Bourbon
39 Ossau, montagne de l’amitié par Jean Ritter
45 il y a 75 ans, Lucien Berdou, jeune ossalois, explore ses montagnes par Alain Lalanne
51 Le musée Ángel Orensanz, et arts du Serrablo à Sabiñanigo (Samianigo) par Geneviève Marsan
59 Le séjour de lord Elgin dans le massif, un épisode peu connu de l’époque impériale aux Pyrénées par Jean-Pierre Thomas
65 Guide pratique du touriste russellien par Marta Iturralde Navarro
71 Poétique d’Henry Russell par Jean-Pierre Cazala et Thierry Mézaille
83 Bibliographie pyrénéenne : romans pyrénéens initiaux… et autres par Claude Dendaletche
91 Nos auteurs par Gérard Raynaud
93 Chroniques par Gérard Raynaud

À lire aussi :
La photo et les mots, p. 4
Trait d’union, p. 26
In memoriam - Tony Lévêque, p. 82
 

 Éditorial

par Michel Clin et Jean-François Le Nail

Tenir le cap

Le renouvellement d’une bonne partie de l’équipe animatrice de l’Association des amis du Musée pyrénéen qui a en charge Pyrénées (1) est l’occasion, pour le président sortant et pour son successeur, de prendre la plume en tête de ce 240e numéro de notre revue. Cette passation de témoins invite aux regards en arrière, aux bilans, aux réflexions sur le présent et sur l’avenir que nous souhaitons évoquer brièvement devant les lecteurs de Pyrénées.

Et d’abord, moins pour les anciens abonnés que pour les nouveaux lecteurs, il faut rappeler que notre revue paraît depuis 60 ans sous la forme que lui a donnée Raymond Ritter en 1950, et qu’elle prenait alors le relais, après une brève interruption, du Bulletin pyrénéen dont la date de naissance remonte à 1896. Elle a donc une longue histoire, non exceptionnelle pour une revue de ce genre, et qui a contribué fortement à la doter d’une mémoire, d’un esprit, d’une personnalité qui lui sont propres, qualités précieuses pour poursuivre le chemin tout en vivant pleinement son temps et en s’efforçant de transmettre, augmenté et enrichi, le dépôt confié.


En plus d’un demi-siècle, la forme de Pyrénées et la nature de son contenu ont connu des évolutions bien naturelles, mais, dans leurs grandes lignes, nous pensons que les raisons d’être de la revue n’ont guère changé depuis sa (re)naissance : offrir une liaison à la fois spatiale et temporelle entre les pyrénéistes et tous ceux qui sont attachés à cette chaîne de montagne dans ses différentes composantes naturelles et humaines ; leur permettre de s’exprimer par la publication de leurs témoignages, de leurs travaux, de leurs découvertes ; informer sur l’actualité ; favoriser la diffusion des connaissances, dans toutes les disciplines, concernant ce milieu unique ; à terme, constituer un trésor d’informations dans lequel chacun peut puiser librement. Sur tous ces points, la revue continue de jouer son rôle, et continuera aussi longtemps que les lecteurs y trouveront leur compte (2).

Par leurs judicieux encouragements, et pour la plupart, leur assiduité sans faille, les membres des instances statutaires, conseil d’administration et comité de lecture et de rédaction, ont largement contribué à la qualité de la revue. Et c’est essentiellement la persévérance, l’éclectisme et le savoir-faire d’un petit nombre d’actifs (au premier rang desquels il faut placer le rédacteur en chef) ainsi que de correspondants éloignés, qui ont permis la pérennité et la régularité, ainsi que la qualité matérielle de l’édition écrite, celle-ci fidèlement reflétée par son compte rendu sur le site conçu comme un appel à la lecture.

Que l’on nous permette maintenant un raccourci peut-être audacieux, mais sans doute de nature à situer le chemin parcouru. Sur le site internet de la Bibliothèque nationale de France, dans la « liste des signets », dans une sélection de sites choisis par les bibliothécaires, on peut lire ceci :

Pyrénées - bulletin pyrénéen, carrefour de toutes les Pyrénées

…Site internet de la revue des Amis du Musée pyrénéen. Ce bulletin pyrénéen est trimestriel. Sur ce site, il est possible d’accéder à des numéros archivés (depuis 1950), à des dossiers, à des numéros spéciaux. Une rubrique actualités dans les Pyrénées très intéressante et mise à jour régulièrement, avec des articles récents. Liste des ouvrages parus ou à paraître dans la région. De nombreux liens vers d’autres sites en rapport avec les Pyrénées…

Il s’agit ici, et c’est intéressant, d’une perception extérieure de l’activité de la revue. Au passage, notons avec satisfaction que celle-ci et son site internet recueillent l’attention objective et favorable de l’instance nationale la plus qualifiée.

La référence, dans le titre de la revue, à la notion de bulletin, délibérément conservée au long du temps par ses animateurs, et retenue par la BnF, affirme un enracinement solide du périodique (peut-être dans son cas à la différence de tel ou tel magazine, par essence volatil…).

Ainsi, des galeries du musée au site internet en passant par l’écrit, tous les vecteurs de la communication accessibles à notre association sont à ce jour sollicités aux fins d’illustration de la vocation définie par ses fondateurs. Et l’affirmation délibérée d’être « au Carrefour de toutes les Pyrénées » ne veut refléter rien d’autre que le respect de cette vocation : l’insertion que nous citons souligne, à juste titre, qu’au-delà de l’entreprise de mémoire, la revue apporte une forte contribution à l’actualité propre à la chaîne.

Or la revue Pyrénées, faite « par et pour ses lecteurs », est l’organe d’une association, elle n’a donc pas de but lucratif et seuls des bénévoles qu’unit une passion commune assurent son existence. Cette situation a des inconvénients, certes, mais elle offre de grands avantages, et d’abord celui d’être un espace de liberté dans lequel on doit pouvoir débattre, avec conviction et sérénité, et sans souci des modes passagères, des conformismes, des lieux communs. Car si les principaux objectifs de la revue sont toujours les mêmes, un nouveau champ s’est ouvert au cours des dernières décennies, dont la revue s’est fait écho à différentes reprises : celui de la nécessaire réflexion sur le présent et l’avenir du milieu montagnard. Nous le savons tous, les sujets d’intérêt, les choix philosophiques et les visions du monde des lecteurs quant aux Pyrénées sont des plus divers, et parfois jusqu’à l’antagonisme. Il en a toujours été ainsi et le consensus général n’est pas pour demain. Reste qu’il est entre nous tous au-delà de ces différences, un dénominateur commun, ces montagnes, indispensables à nos existences.

Indispensables car elles demeurent un lieu de confrontation, individuelle ou collective, au loisir comme au travail, avec une réalité redoutable autant qu’exaltante, confrontation qui nous donne la mesure de nos moyens et de nos ambitions face à une civilisation fortement marquée par la sensation de puissance, les faux-semblants et les fausses pistes. Pyrénées ne saurait donc se contenter de jouer un rôle passif de miroir, même de la meilleure qualité, des réalités du temps. Face aux évolutions actuelles, sociales, économiques et politiques, et même (et surtout ?) spirituelles, nombre de nos lecteurs peuvent aspirer à plus de réflexions, d’attitudes critiques et de propositions. Nos montagnes, pierre de touche, domaine d’expériences cruciales, par excellence terrain d’authenticité, exigent plus de nous et de notre revue.

(1) Pyrénées, N° 238, p. 115 ; 129, p. 114.
(2) À cet égard, les réponses positives aux questionnaires et, dans certaines circonstances financièrement difficiles, à une souscription volontaire en 2004, ont conforté les animateurs quant à la fidélité du lectorat. (Peut-être faut-il rappeler seulement, en passant, que le règlement des abonnements se fait normalement avant le 1er janvier !).
Et puisqu’il faut scruter l’avenir, ajoutons une note comptable, en soulignant la fragilité financière de l’entreprise Pyrénées , qui ne survit que grâce à ses lecteurs (diffusion en librairie et surtout par abonnements), et à l’intérêt concrétisé de deux organismes publics, départemental et municipal. Et en appelant nos lecteurs (une fois de plus) à la recherche de nouveaux abonnés autour d’eux.

 Présentation des articles

PYRÉNÉES, MONTAGNES D’EUROPE : VERS UN PYRÉNÉISME SANS FRONTIÈRES, par Joseph Ribas

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Pont dit romain à Saint-Étienne-de-Baïgorry.
(Photo François Meienberg).

Sans procéder à un recensement exhaustif des guides et écrits sur les Pyrénées publiés au fil du temps dans différents pays, Joseph Ribas se propose de porter un regard nouveau sur le pyrénéisme, désormais paré des couleurs de l’Europe. Il relève ici la contribution intelligente et originale de l’auteur helvétique François Meienberg.

Tout avait commencé pour Meienberg en vallée d’Aspe autour dune action de résistance au projet d’ouverture d’un axe routier en 1995. Puis il entreprit à son tour de traverser les Pyrénées à pied, de Saint-Sébastien à Collioure… Deux tomes témoignent de ce voyage et de ce regard.

Extraits de l’article de Joseph Ribas : « Une des métaphores du voyage, la plus chargée d’allégories, sans doute, est le parcours de l’eau. Des bains de Panticosa aux thermes de Cauterets, cheminer avec les torrents, border les cascades, les lacs, c’est aller dans l’enthousiasme au cœur du romantique. L’eau définit l’itinéraire. Le lac de Gaube, le pont d’Espagne, le Marcadau évoquent Chateaubriand, George Sand ou Victor Hugo, autant de passages obligés, mais, gravir l’épaule du Vignemale au col des Mulets par les « ibones » de los Batanes et les barrancos du rio Ara, c’est franchir le seuil du partage des eaux entre les versants de la Méditerranée et de l’Atlantique.
Plus loin, revenir à Cauterets par les lacs de Nère, du Pourtet et le gave d’Ilhéou, c’est boucler le cycle de l’eau depuis les sources natives jusqu’aux bassins des thermes.

« À aucun moment, cependant, François Meienberg ne cède à la facilité de gagner au plus vite la Méditerranée. Ce n’est pas le point d’arrivée qui décide de l’itinéraire. Un événement historique, un chef-d’œuvre d’architecture, un site naturel, les témoignages d’un écrivain et d’un peintre célèbres justifient les détours.

« François Meienberg sait voir, voir pour savoir et savoir pour mieux voir. Sentir, écouter les paysages et les hommes, les monuments du passé et les nécessités du présent. Son livre accompagne, interroge et décrit, fondé sur l’histoire quelquefois meurtrie, mais vivante, attachée à une culture plus révélatrice de valeurs que de pittoresque »…

CHAMPIGNONS DES PYRÉNÉES : LE BONHEUR EST DANS LA MONTAGNE, par Robert Cazenave et Michel Pujol

L’un est président de l’Association Mycologique de Bigorre (AMB), l’autre est porte parole du Cercle d’Études Mycologiques en Aquitaine (CEMA) . C’est à une promenade en montagne à la recherche des champignons, des plus communs aux plus rares, qu’ils convient les lecteurs de « Pyrénées ».

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La morille vulgaire, une espèce printanière comestible mais bien cuite.

« Joli mois d’octobre, notent nos auteurs