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N° 242

N° 242 – Avril 2010 – Bulletin pyrénéen n° 484


Grand raid des Pyrénées : l’autre course
Le monde mystérieux des salamandres
La carte postale selon Briet
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Couverture : « Quelques-uns des concurrents du Grand Raid des Pyrénées 2009 dans le secteur granitique des lacs de Gréziolles et Caderolles ».
(Photo Akunamatata).
Ce nouveau numéro de Pyrénées, disponible dès les premiers jours d’avril 2010, présente en couverture une photo signée Akunamatata qui rend compte du Grand Raid des Pyrénées édition 2009. Cette photo renvoie à l’article de Roland Petit sur cette aventure sportive et montagnarde organisée chaque année au mois d’août. La photo du dos de couverture reproduit une carte postale ancienne éditée par Labouche Frères à Toulouse et dont l’auteur n’est autre que Lucien Briet. L’article que consacrent à ce sujet Pierre Sarthoulet et Denis Soleil permettra au lecteur de s’introduire dans ce monde si particulier et passionnant de la cartophilie liée à nos Pyrénées.


 

 Sommaire

02 Éditorial par Pierre-Marie Cortella
05 Trésors des cartes postales pyrénéennes : Lucien Briet (1860-1921) par Pierre Sarthoulet et Denis Soleil
19 La salamandre entre mythe science et fiction par Jean-Marie Cabelguen
39 Retour sur le grand raid des Pyrénées, mon grand rêve pyrénéen par Roland Petit
49 Léon Dufour et la « Kraschenninikovia ceratoides (L) Gueldenst. 1772 » par Antonin Nicol
59 Les registres de sommets par Nanou Saint-Lèbe
73 Mes Pyrénées sauvages : pointe et pic de Cestréde (2918m et 2947m) par Gèdre-Bué par Romain Bourbon
79 Les chemins d’Henri IV mènent (aussi) à Rome par Jean-François Bège
85 Du nouveau sur Henri Brulle (1854-1936) par Claude Dendaletche
93 Nos auteurs par Gérard Raynaud
95 Chroniques par Gérard Raynaud

À lire aussi :
La photo et les mots, p. 4
Trait d’union, p. 72
« Pais gascons » un poème en béarnais sur l’Ossau, p. 78
Autour d’Henri IV à Pau, p. 84
Compte rendu de l’assemblée générale de l’association des amis du Musée pyrénéen de Lourdes, p. 112
 

 Éditorial

par Pierre-Marie Cortella
 
Pyrénées des photographes

Faut-il dépoussiérer la définition du pyrénéisme et relancer le débat ? A-t-il d’ailleurs besoin d’être relancé tant il nous paraît permanent, infini, sans cesse recommencé par chacun d’entre nous en son for intérieur ? Car c’est bien de relation personnelle avec la montagne qu’il s’agit. Mais on sait bien aussi qu’au-delà de toute intime sensation, la montagne a cette puissance et ce pouvoir de réunir les hommes, d’inviter au partage, même s’il y a encore et toujours beaucoup de solitude dans cet engagement.

Le plus petit dénominateur commun, l’indétrônable définition du pyrénéisme est entrée dans l’histoire il y a plus de cent ans avec Henri Beraldi et ses trois verbes fameux : « ascensionner, sentir, écrire ». Au long des pages de notre revue, depuis fort longtemps aussi, tout témoigne de la sagesse et de l’ouverture de cette proposition.

En voici une nouvelle preuve. Qui pourrait mettre en doute la place capitale occupée par la photographie, depuis ses origines, dans la recherche et l’approche des vérités montagnardes par les générations successives ? Au cœur du tryptique béraldien, le « sentir » prend pour le photographe des couleurs d’évidence. Sentir la lumière, les contrastes, la transparence de l’air, le relief, l’abîme et le vide, la verticalité et des horizons nouveaux, les lignes qui fuient, se rapprochent et s’enchevêtrent, le graphisme d’un paysage immuable et qui pourtant n’arrête pas de bouger, sentir un cadrage, un plan, un ciel, une présence, un geste, un climat. Et vouloir fixer l’instant, arrêter le temps, capter l’image, pour aider la mémoire, se souvenir, partager la beauté. Voilà bien le désir d’une autre écriture, avec toujours cette ambition de « hisser l’idée de montagne au niveau du chant et de la pensée », selon l’expression de l’écrivain Gil Jouanard.

Lucien Briet fut certainement l’un des pionniers de la photographie pyrénéiste, si l’expression est autorisée. L’homme était curieux de nature, passionné par l’exploration, sur et sous la montagne, l’histoire, la poésie, le journalisme et la photo. En cette fin du XIXe siècle, prendre des photos en haute montagne était déjà une aventure. Inutile de comparer le matériel de l’époque, chambres sur pied, plaques sensibles, objectifs, avec les boîtiers d’aujourd’hui, ridiculement petits et pourtant bourrés d’électronique et d’informatique.

C’est grâce à Louis Le Bondidier qui s’empressa d’acquérir, après sa disparition, l’essentiel de l’œuvre photographique de Briet pour la conserver au Musée pyrénéen de Lourdes, que l’on a compris l’importance de son travail. Pourtant, le grand public, sans trop le savoir, avait eu accès aux photographies du grand pyrénéiste avant qu’elles ne viennent enrichir le fonds du Musée pyrénéen. C’est ce que nous révèlent Pierre Sarthoulet et Denis Soleil qui ouvrent dans ce numéro une série d’articles consacrés aux trésors des cartes postales pyrénéennes.


Le Dr Pierre Sarthoulet explore ce monde avec passion, méthode et une patience de détective. Il collectionne les cartes postales pyrénéennes et tente de renouer, autour de ces images, les fils d’histoires parfois décousues. Si Denis Soleil, accompagnateur en montagne (1), est associé aux recherches de Pierre Sarthoulet, c’est parce qu’il est homme de terrain, fin connaisseur des lieux, professionnel de la montagne et lui-même passionné de photographies montagnardes. Nous entrons donc, grâce à eux, et preuves à l’appui, dans cette singulière histoire de Lucien Briet, photographe pour un éditeur de cartes postales toulousain. Ce premier voyage nous entraîne du côté du Mont-Perdu, de la Brèche de Roland, de Gavarnie ou du Cylindre du Marboré. Il faudra suivre, lors d’une prochaine livraison, la suite des aventures photographiques de Lucien Briet en Aragon.

*

Un siècle après Lucien Briet, près de cinq cents participants se sont élancés en août dernier pour le Grand Raid des Pyrénées, une course en montagne d’un autre type, c’est-à-dire une compétition, une confrontation – et pas seulement avec soi-même – un peu comme dans un stade ou aux Jeux Olympiques. Peut-on parler de pyrénéisme s’il s’agit du seul exploit sportif, de la performance ? Chaque lecteur pourra en juger après avoir lu le récit qu’en a fait pour Pyrénées l’accompagnateur Roland Petit. Pour ma part, ma religion est faite. Ne mettons pas en doute le paramètre « ascension » car avec plus de neuf mille mètres de dénivellation positive, la cause est entendue. « Sentir » prend dans ce récit de multiples sens, celui de la douleur dans les articulations comme celui de la sensation d’un paysage connu et retrouvé, celui de la présence des hommes inscrits dans l’histoire de la montagne, tous ces absents qui peuplent les pensées dans l’effort, celui d’une culture montagnarde qui nous transporte et parfois nous rend plus léger. Il n’y a donc pas de rupture dans le pyrénéisme, de conflit de générations. La forme peut évoluer mais le fond reste dans la famille.

*

On va aussi trouver dans ce numéro un document surprenant sur la salamandre, animal mythique et dont on doit mesurer toute l’importance pour le monde d’aujourd’hui. La salamandre passionne les chercheurs et il y a de quoi. Avec une précision toute scientifique, Jean-Marie Cabelguen, professeur de neurosciences et chercheur dans un laboratoire INSERM de Bordeaux, décrit le monde mystérieux des salamandres ; il n’oublie ni la salamandre de feu des Pyrénées (Salamandra fastuosa) ni l’Euprocte des Pyrénées (2), espèce endémique. Parlant des Pleurodeles waltlii ou tritons espagnols, pensionnaires de son laboratoire, il évoque le vaste champ de la médecine réparatrice, car découvrir les mécanismes de la régénération des membres chez les salamandres fait partie des rêves les plus fous de notre humanité qui s’inflige tant de blessures. On n’en n’a pas fini avec les salamandres car elles inspirent aussi les roboticiens. Mais faut-il arrêter de rêver ? « Les salamandres sont aujourd’hui très menacées », affirme J.-M. Cabelguen. Parmi d’autres causes, les désordres dans la montagne, pollutions et aménagements en tous genres, routes, tunnels, lignes à haute tension, pistes de ski etc. À méditer.

(1) Denis Soleil avait signé dans Pyrénées n° 231 un article consacré aux accompagnateurs.
(2) Antonin Nicol qui signe régulièrement dans Pyrénées - lire dans ce numéro l’article sur Léon Dufour - a écrit en 1999 " L’Euprocte des Pyrénées", ouvrage entièrement consacré à ce triton. En vente chez l’auteur, 18 chemin du Bourg, 64260 Lys ou par courriel : antonin.nicol@wanadoo.fr (site internet : anicol.net)

 Présentation des articles

TRÉSORS DES CARTES POSTALES PYRÉNÉENNES : LUCIEN BRIET (1860-1921) , par Pierre Sarthoulet et Denis Soleil

« Les textes et les photographies issus de ses voyages-explorations, dans les Pyrénées françaises et espagnoles, nous offrent deux versants des talents de Lucien Briet. D’une part, nous avons les écrits, récits de ses explorations, et d’autre part une impressionnante série de photographies complémentaires des premiers. Les textes seront rapidement diffusés et connus. Ils paraissent dans différentes revues scientifiques ou de voyages. Parfois quelques photographies de l’auteur en constituent l’illustration. Si Briet diffuse facilement ses textes, il semble avoir eu plus de difficultés pour ses images photographiques. En effet, en 1894, il publie Le massif calcaire des Pyrénées. Ascension à la Brèche de Roland, composé de douze planches phototypiques. Il projette que cet album fasse partie de la « Collection des albums Briet ». À la fin de cet ouvrage qui se vend chez l’auteur, à Gèdre, il annonce plusieurs autres albums. Seul un autre, titré Souvenir de Gavarnie et de bien plus petit format, verra le jour. La diffusion de ses photographies fut pour Lucien Briet un échec.


« Ce sera Louis Le Bondidier qui révèlera cette œuvre magistrale en achetant pour le Musée pyrénéen dès la mort du photographe, à la
veuve, l’ensemble des négatifs plaques de verre et des albums de positifs. Une exposition au Musée pyrénéen de Lourdes en 1993 accompagnée d’un petit catalogue et surtout l’œuvre d’André Galicia vont révéler à tous l’intérêt et la qualité de cet ensemble.

« Pourtant, la plupart des vues pyrénéennes françaises ou espagnoles de Lucien Briet étaient à la portée de tous. Elles avaient été éditées en discrète illustration de cartes postales… »

Pierre Sarthoulet, cartophile passionné et l’un des meilleurs spécialistes de la carte postale pyrénéenne, et Denis Soleil, accompagnateur en montagne et grand amateur de photographies, nous entraînent dans leurs recherches et nous font découvrir ce monde particulier qui cache bien des trésors. Ils éclairent la personnalité et le talent de Lucien Briet d’une lumière nouvelle. Un autre article suivra, dans le prochain numéro de Pyrénées, consacré aux explorations de Briet en Aragon.

LA SALAMANDRE ENTRE MYTHE, SCIENCE ET FICTION, par Jean-Marie Cabelguen

« Les salamandres et les tritons ont toujours fasciné les hommes, et sont à l’origine de plusieurs préjugés. Ainsi, au Moyen-Âge et à la Renaissance, la salamandre avait la réputation d’être totalement insensible aux effets du feu. Certains affirmaient même que son sang était tellement froid qu’elle pouvait éteindre un brasier sans subir de dommage. Ce don « surnaturel » faisait de la salamandre un animal extraordinaire, ce qui lui a valu de figurer sur les armoiries du roi François Ier accompagnée de la devise « J’y vis et je l’éteins ». Plus prosaïquement, des charlatans vendaient des salamandres afin d’éteindre les incendies ! La salamandre pierreuse est le nom donné à l’amiante. « On a également prétendu que la salamandre sécrétait le plus puissant de tous les poisons, celui-ci fonctionnant par simple contact. Par exemple, lorsqu’elle tombait dans un puits, elle avait la réputation d’empoisonner toute l’eau qui s’y trouvait, et c’est ainsi qu’elle pouvait décimer des populations entières. De même, son souffle était prétendument empoisonné et sa seule présence suffirait pour faire enfler une personne jusqu’à ce que sa peau éclate.
« On a aussi cru que les salamandres n’avaient pas de sexe et qu’un individu pouvait engendrer seul sa descendance. »

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Euproctes des Pyrénées lors d’un accouplement.
(Photo Antonin Nicol).

Plus sérieusement, le plus grand mystère de la salamandre, c’est son étonnante capacité de régénération. On l’ampute d’un de ses membres et, quelques mois plus tard, il n’y paraît plus rien : le membre a repoussé quasiment à l’identique, sans aucune cicatrice, et il est fonctionnel. Cette capacité étonnante ne se limite pas aux membres : les salamandres ont la faculté de pouvoir régénérer leur queue, leurs yeux, des parties endommagées de leur système nerveux ou de leur cœur. Elles sont donc considérées comme indestructibles.

« Comment les salamandres réussissent-elles un pareil exploit ? Pourquoi cette capacité a-t-elle disparu au cours de l’évolution ? Autant de questions que les scientifiques se posent. Par ailleurs, depuis quelques années de nombreux roboticiens s’intéressent également aux salamandres. L’idée est de les utiliser comme modèle pour bâtir des robots agiles pouvant se déplacer à la fois sur le sol et dans l’eau, comme le font certaines salamandres (robotique dite « bioinspirée »). Ce type de robot permettrait les tâches d’inspection et d’exploration dans des zones difficiles d’accès (zones inondées, par exemple)… »

Dans cet article, Jean-Marie Cabelguen, professeur de neurosciences à l’université de Bordeaux 1 et chercheur au Neurocentre Magendie INSERM de Bordeaux, présente l’apport des salamandres à deux domaines scientifiques : celui de la régénération tissulaire et celui de la robotique bioinspirée. Il n’oublie pas, naturellement, les espèces qui vivent dans les Pyrénées, particulièrement l’Euprocte.

RETOUR SUR LE GRAND RAID DES PYRÉNÉES : MON GRAND RÊVE PYRÉNÉEN, par Roland Petit

« Il est cinq heures du matin au cœur de ce charmant petit village de Vielle-Aure... Nous voilà maintenant libérés et confrontés aux quelque cent cinquante kilomètres d’un parcours comptant plus de neuf mille mètres de dénivellation positive ! « Si tôt ce matin-là, la haie d’honneur formée par nos proches, par les reporters professionnels ou occasionnels et par les Aurois eux-mêmes venus en nombre assister au départ est bien la preuve que les Pyrénées, nos Pyrénées, accueillent en la matière une épreuve de tout premier plan. Non feinte, cette chaleur humaine occulte le ciel bas du jour et le brouillard, à la limite de la pluie, qui ne tarde pas à nous draper.

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"Plein soleil en remontant le très beau vallon
d’Ayguës-Cluses".
(Photo Akunamatata).

« Tant mieux, la montée vers le col de Portet tout au long d’une ascension quasi constante de plus de mille quatre cents mètres en sera grandement facilitée. De fait, Espiaube est assez vite rejoint par la majorité des compétiteurs qui regagnent ensuite le tout premier ravitaillement au col, là où les leaders ne se sont guère attardés. Avec mes compagnons du moment, les aliments vitaminés offerts reçoivent un bon accueil. Provisions faites en eau, en fruits secs,… et nous voilà en route pour des sentiers moins marqués mais superbement bien balisés au milieu des pâturages d’altitude, là où de nombreux troupeaux sont en passe de terminer leur longue période d’estive… »

Ainsi commence le récit de Roland Petit, accompagnateur en montagne, qui participait pour la première fois, en août 2009, au Grand Raid des Pyrénées. Il raconte cette étonnante aventure qui est bien plus qu’une simple course en montagne, au sens que donnent les pyrénéistes à ce mot. Défi, compétition, épreuve sportive, tout y est, les Pyrénées en plus. La prochaine édition aura lieu du 27 au 29 août 2010 sur 160 km de parcours et quelque 10000 mètres de dénivellation positive. Plus fort que l’Everest ! Il est impératif de commencer à s’entraîner dès maintenant.

LÉON DUFOUR ET LA « KRASCHENNINIKOVIA CERATOIDES (L) GUELDENST. 1772 » , par Antonin Nicol

« D’entrée, prévient Antonin Nicol, que le lecteur veuille bien me pardonner de devoir lui imposer l’histoire d’une plante dont le nom est à peine prononçable : la Kraschenninikovia ceratoides ! Moi-même qui suis un modeste botaniste, peu aguerri aux déclinaisons latines, j’ai mis plus d’un mois pour parvenir à prononcer le vocable sans trébucher et autant pour l’écrire sans fauter dans son orthographe ! Et je ne peux faire mieux en proposant la traduction en français qui se résume à « Kraschenninikovia pseudo-cornue ou à fausses cornes » à cause de deux bractées en forme de cornes qui accompagnent le fruit !

« Rassurons-nous, au-delà du contexte taxonomique, l’évocation de cette phanérogame et de son père spirituel, Léon Dufour, mérite nettement le détour. Si le médecin-botaniste landais savait ce que sa découverte hispanique génère aujourd’hui, nul doute qu’il en serait le premier surpris. Je précise que le premier découvreur historique de la plante en Espagne est le botaniste Rojas Clemente en Andalousie en 1805 ; Léon Dufour est le second, en Aragon.

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(Photo Antonin Nicol).

« La Kraschenninikovia ceratoides est un véritable joyau floristique pour les Espagnols, surtout les Aragonais qui la protègent bec et ongle face aux réelles menaces de l’urbanisation agressive de Saragosse »...
On apprend, en lisant cet article, que la plante en question est plus que vénérable étant donné son ancienneté : elle remonterait à environ 6,5 millions d’années. On suit aussi des morceaux de vie de Léon Dufour, natif de Saint-Sever, compagnon de cordée de Ramond, médecin dans l’armée napoléonienne, et donc l’un des découvreurs de la Kraschenninikovia en Aragon.

LES REGISTRES DES SOMMETS, par Nanou Saint-Lèbe

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Registre de l’Aneto.
(Photo Nanou Saint-Lèbe).

« Les principaux pics pyrénéens possédaient un registre de sommet. En 1932, dans la Revue du CAF, n° 241, une communication de Saint-Saud indiquait ceci : « …quand ce registre sera sur le point d’être rempli ou que son mauvais état réclamera son remplacement, on est prié de le reprendre et de le faire parvenir à M. le Directeur du Musée Pyrénéen de Lourdes qui, suivant la décision prise par la Fédération franco-espagnole, le conservera dans les archives du musée ».

« Dans son Catalogue du Musée pyrénéen, co-réalisé avec G. Balencie et publié en 1953, Margalide le Bondidier indiquait : « C’est une tradition chez les pyrénéistes d’inscrire leur nom ou d’exprimer leurs sentiments sur des carnets placés au sommet des pics, dans un cairn ou de laisser leur carte de visite dans une boîte en fer. Le Musée pyrénéen a pu recueillir ainsi un certain nombre de carnets trouvés au sommet des pics » et elle en énumère une trentaine… »

Nanou Saint-Lèbe note au passage qu’il ne s’agit pas vraiment de grands morceaux de littérature mais il reste que les livres de sommets portent l’histoire de la conquête des pics pyrénéens les plus prestigieux. Et en premier lieu l’Aneto dont notre auteur présente les septs registres conservés au Musée des Pays de Luchon et au Musée pyrénéen de Lourdes. Mais elle s’intéresse particulièrement au premier registre, dont certaines pages sont reproduites, et qui garde une certaine part de mystère.

MES PYRÉNÉES SAUVAGES : POINTE ET PIC DE CESTRÈDE (2918 M ET 2947 M) PAR GÈDRE-BUÉ, par Romain Bourbon

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Pointe et Pic de Cestrède.
(Photo J. Piraud).

Notre chroniqueur aborde un nouvel épisode de ses « Pyrénées sauvages », toujours sensible et attentif aux émotions qui nous envahissent en montagne. À son récit, vient s’ajouter celui de Gérard Raynaud qui raconte son ascension de la pointe de Cestrède par la face sud, en compagnie de Jean et Pierre Ravier , le 28 juillet 2002.

UN POÈME EN BÉARNAIS SUR L’OSSAU

Publié das la revue Pais gascons en juin 2009, ce poème d’inspiration pyrénéenne est publié avec une traduction originale proposée par Louis Laborde-Balen.

LES CHEMINS D’HENRI IV MÈNENT (AUSSI) À ROME, par Jean-François Bège

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Détail du tableau représentant Henri IV, accroché dans la Salle du conseil, à la mairie de Pau. Copie agrandie du tableau de Porbus par J-B Butay, né et mort à Pau (1760-1852).
(Photo Alain Lalanne).

« L’inauguration romaine de « l’année Henri IV » a pu surprendre mais elle s’explique. Il y a quelques semaines, le 11 décembre 2009, l’archibasilique papale du Latran, à Rome, s’est ouverte à une foule de Français et d’Italiens venus assister à une messe solennelle en l’honneur du roi assassiné. La cérémonie était présidée par son éminence révérendissime Agostino Vallini, cardinal vicaire de Rome. La veille, villa Médicis, Éric de Chassey, directeur de l’Académie de France dans la capitale transalpine, avait accueilli les membres de la Société Henri IV venus présenter la longue série d’événements marquant, en France et à l’étranger, le quatrième centenaire de l’assassinat du souverain le plus populaire de l’histoire de notre pays… »

Jean-François Bège, journaliste et écrivain, qui vient de publier « Ravaillac, l’assassin d’Henri IV » aux Éditions Sud Ouest, était à Rome et il raconte cette journée tout entière dédiée au bon roi Henri. Il raconte surtout cette relation particulière qui s’est établie entre la France et le Latran où, chaque année, à la date anniversaire de la naissance d’Henri IV une messe est célébrée. C’est donc l’occasion de revisiter une page de notre histoire. « Sans Ravaillac et le terrible crime du 14 mai 1610, écrit Jean-François Bège, une autre France et une autre Europe se seraient peut-être dessinées, en avance sur « le siècle des Lumières ». Le monumental « Édit de Nantes » est souvent présenté comme l’armistice des guerres de religion. Mais le texte va infiniment plus loin. Il constitue la matrice d’une conception nouvelle de la pratique du pouvoir, faite d’écoute, de tolérance et d’intelligence des rapports de force. Cette vision tout à fait nouvelle du rôle de la monarchie, en opposition frontale à celle des Habsbourg régnant sur l’Autriche, l’Espagne et les Flandres, eût pu s’exporter et séduire d’autres peuples. C’est pourquoi elle faisait si peur et fut combattue par les tenants de l’absolutisme de la manière la plus lâche qui soit : en fomentant un
assassinat ».

C’est aussi l’occasion pour Pyrénées de rappeler les différentes manifestations qui ont lieu à Pau au cours de cette année Henri IV.

BIBLIOGRAPHIE PYRÉNÉENNE : DU NOUVEAUX SUR HENRI BRULLE (1854-1936), par Claude Dendaletche

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Brulle encordé entre deux guides, le premier est Célestin Passet reconnaissable à son grand béret. Noter les grands piolets et le sac original du deuxième guide.
(Document Fonds d’Espouy).

« L’étude de la correspondance permet d’entrer de manière plus intime que par la lecture des ouvrages dans la vraie nature des relations entre les acteurs du pyrénéisme » note Claude Dendaletche qui présente dans cet article des éléments de celle d’Henri Brulle avec Louis Le Bondidier (1878-1945) et avec Raymond d’Espouy (1892-1955).

Notre auteur poursuit : « Celle de Louis Le Bondidier, avant l’ouverture du Musée de Lourdes, à partir de Campan puis de Pouzac et des premières années au Château, permet de se rendre compte comment il bâtit les prémices du fonds documentaire qui allait devenir le plus important au monde. Un article spécifique dans un prochain numéro de la revue sera consacré à ce thème. J’en détache en avant-première les premières traces des relations entre LLB et Brulle. Elles concernent l’envoi du piolet de Roger Brulle, fils d’Henri, tué à la guerre en 1918 et du sien, destinés à la Salle du pyrénéisme.

« Celle avec son neveu par alliance, Raymond d’Espouy, vient de donner lieu à publication dans un ouvrage spécifique. Nous le présentons ici, en publiant en outre quelques documents photographiques encore inédits ».

On lira avec intérêt la lettre que Brulle adresse le 26 octobre 1921 à Louis Le Bondidier, dans laquelle il parle de Lucien Briet, mort deux mois auparavant, et de ses talents de photographe. Après l’article consacré à Briet et ses cartes postales, cette lettre prend un relief particulier.

NOS AUTEURS Consulter également la rubrique Vient de paraître

RICARDO COMPAIRÉ
Éditions du Pin à crochets

HENRI IV EN LIBRAIRIE
- Henri IV et la France réconciliée, par Gonzague Saint-Bris,Télémaque 2009.
- 1610 : l’assassinat d’Henri IV : un tournant pour l’Europe ?, par Jean Castarède, Éditions France- Empire 2009.
- L’assassinat d’Henri IV : mystères d’un crime, par Jean-Christian Petitfils, Perrin 2009.
- Henri IV, par Jean-Pierre Babelon, Fayard 2009.

Aux éditions Sud-Ouest :
- Henri IV roi de Navarre et de France, par Hélène Tierchant
- Ravaillac l’assassin d’Henri IV, par Jean-François Bège
- Henri IV et les femmes ,de l’amour à la mort, par Marylène Vincent

PARUTIONS RÉCENTES
- Le camp de Gurs, par Martine Cheniaux assistée de Joseph Miqueu
- Gavarnie, amphithéâtre minéral, par Jean-Loup Gautreau, Éditions Singulières
- Lacs et barrages pyrénéens, par Léon Mazella et Philippe Lhez, éditions Privat
- Le train jaune, une ligne de vie, Alexia Rossel photographies de Noël Hautemanière, Éditions Loubatières
- Canigou, montagne sacrée des Pyrénées, par Joseph Ribas, Éditions Loubatières
- Luchon urbaine et pyrénéenne, par Ferdinand Kerssenbrock, Éditions Privat
- Les botanistes de la flore pyrénéenne, Éditions du Pin à crochets
- Un souvenir d’enfance et certains développements connexes dans lequel ils s’originent, par Bernard Cazaux, Éditions du Pin à crochets.

NOUVEAUTÉS DVD
- « Pyrénéisthme : un film de ski pyrénéen » par Silvio Egea. www.pyreneisthme-lefilm.com/index.htm

CHRONIQUES
Faits divers, Transports, Économie, Aménagements, Tourisme, Sports d’hiver, Sports aux Pyrénées, Relations transpyrénéennes, Patrimoine et culture, Itinéraires, Langues pyrénéennes, La nature et nous, Vie religieuse, Montagne, Environnement et milieu montagnard, Parcs nationaux et espaces protégés, Musée pyrénéen, Pyré-net, Agenda, Carnet, Revues.







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