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N° 285. Janvier - mars 2021

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Photographie : Didier Sorbé, extrait d’Ossau. Lac Gentau à Ayous

 Sommaire

2 Éditorial par Jean-François Labourie
4 Les lacs des Pyrénées : un territoire pour la science par Ánchel Belmonte Ribas
18 Réchauffement climatique et flore pyrénéenne par Guy Dussaussois
40 Une zone interdite dans les Hautes-Pyrénées : la Zone Pyrénéenne Réservée (1942-1946) - (fin) par Jean-Paul Frantz
54 Les Amis du Parc national des Pyrénées ont 50 ans par Jean-Louis Rey
64 Jacques Jolfre, les Pyrénées sens dessus dessous par Jean Ritter
70 Le bouquetin aux Pyrénées par Philippe Couture
82 ¿ Question d’Image ?
83 Lectures par Nanou Saint-Lèbe
90 Chroniques par Gérard Raynaud
110 Le château fort et son musée pyrénéen
111 La vie de la revue
112 Trait d’Union

 Éditorial

Imcompatibilité
Je tiens d’abord à exprimer toutes mes excuses pour cette livraison tardive. En cette fin de premier trimestre, je souhaite toutefois présenter rétrospectivement à tous nos lecteurs les meilleurs vœux de la rédaction, dont celui de retrouver la liberté complète d’aller et venir dans nos vallées. L’année 2020 restera celle où l’accès au massif aura été momentanément interdit administrativement pour raison sanitaire, comme à la sombre période 1942-1946 pendant laquelle la Zone Pyrénéenne Réservée (ZPR) fut instaurée. Avec, toutefois, des sanctions incomparables en cas d’infraction. Le présent numéro publie d’ailleurs l’ultime partie de l’article posthume de Jean-Paul Frantz, qui apporte un éclairage indiscutablement nouveau sur les Pyrénées sous l’Occupation.
Le Musée Pyrénéen conserve la précieuse lettre autographe de Charles Baudelaire écrite en août 1838 à son demi-frère dans laquelle il indique être « resté quinze jours [à Barèges] à courir à pied, à cheval ; la journée se passait en courses, on ne rentrait que pour dormir ». Les exégètes du poète précisent que son célèbre poème Incompatibilité fut inspiré par la découverte de la région lacustre du Néouvielle. Le grand poète romantique, âgé de dix-sept ans, donnait ainsi ses lettres de noblesse aux lacs pyrénéens, « où le soir mire son teint vermeil ». Ánchel Belmonte Ribas, coordinateur scientifique du Géoparc Sobrarbe-Pireneos, s’abstient de toute rêverie et nous rappelle au contraire l’importance scientifique de cette myriade de lacs, des études limnologiques de l’abbé Ludovic Gaurier dans les années 1920, qui fondèrent le réseau hydroélectrique pyrénéen, au programme européen REPLIM qui observe le changement climatique sur trente-huit lacs pyrénéens. Si l’eau de ces lacs, pour le poète, « dort d’un repos sublime », dans une pureté idéale, les scientifiques la trouvent aujourd’hui au contraire corrompue par l’activité humaine, polluée par les particules fines, le mercure (via les alevins exportés) et autres résidus de crème solaire.

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Lac d’Aygue-Rouye (1 616 mètres) au-dessus de Campan. À l’arrière-plan, l’antenne de l’observatoire du Pic-du-Midi de Bigorre, © Alain Baudrimont
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Arête orientale de la Munia - Jacques Jolfre débouche entre le Gerbats (en arrière-plan) et le Petit pic Blanc,© Pol-Yvon Kiss

Guy Dussaussois prolonge le même thème, non pas sur les lacs, mais sur la flore. Par une vaste étude systématique de la flore des Hautes-Pyrénées, représentant plusieurs années de travail, il démontre l’implacable influence du réchauffement climatique sur la flore du département.

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Inventaire botanique en cours de réalisation par l’auteur au sommet du Marboré.

Jacques Jolfre fut un excellent vulgarisateur des lacs pyrénéens pour le randonneur, étant aussi un spéléologue de premier plan, proche de Norbert Casteret. Jean Ritter revient sur son œuvre.
Enfin, Philippe Couture expose l’intérêt magistral du livre de Jean-Paul Crampe sur Le bouquetin des Pyrénées. Gaston Febus le considérait comme trop commun en plaine au XIVe siècle, comme un gibier indigne de sa princière personne. Le bouquetin fut ensuite éradiqué sur les Pyrénées françaises et espagnoles, jusqu’à son ultime refuge : la vallée d’Ordesa en Aragon. Le livre de Jean-Paul Crampe est celui du combat, natu­raliste et politique, pour la réintroduction du bouquetin. Un combat gagné. Au XXe siècle, le Dr Couturier réintroduisit la marmotte dans les Pyrénées. Le XXIe siècle s’ouvre sur la réintroduction du bouquetin par Jean-Paul Crampe.

Jean-François Labourie

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Jean-Paul Crampe face à un bouquetin du Parc national de la Vanoise, 1992, © Christian Ringeval





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